Un lien entre stress et maladie cardiovasculaire

Une étude américaine décrit pour la première fois le lien entre stress et maladie cardiovasculaire chez l’humain. En étudiant l’activité cérébrale par imagerie, ils ont retrouvé que la stimulation chronique ou excessive du centre qui gère le stress dans le cerveau provoque des altérations métaboliques à plusieurs niveaux, responsables de ce sur-risque de maladie cardiovasculaire et d’AVC.

Bien que depuis des années, des études épidémiologiques montrent une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et d’AVC (accident vasculaire cérébral) chez les personnes exposées au stress chronique, les mécanismes expliquant ce sur-risque restaient inconnus. Cependant, des études conduites sur des modèles animaux ont montré que la stimulation de l’amygdale, la structure du cerveau qui gère le stress et la peur, provoque des altérations au niveau de la moelle osseuse et des artères mais jusqu’ici, on ignorait si ces altérations s’appliquaient chez l’homme.

Une étude mesurant l’activité cérébrale et d’autres structures

Une équipe de chercheurs américains de l’hôpital général de Boston (Etats-Unis) s’est penché sur le sujet en étudiant l’activité cérébrale de sujets âgés de plus de 30 ans au moyen de tomographies par émission de positons ou PET-Scan, qui mesurent l’activité métabolique des différentes structures cérébrales. Parallèlement, les chercheurs ont mesuré l’activité de la moelle osseuse, l’inflammation artérielle et, dans un petit sous-groupe, la sécrétion la protéine C réactive, une substance inflammatoire. Ils ont ensuite fait une corrélation entre les altérations observées au niveau cérébral lors des situations de stress, et les autres paramètres. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue The Lancet.

La stimulation du centre du stress augmente le risque cardiovasculaire et d’AVC

Au total, 293 patients d’un âge médian de 55 ans ont été inclus dans cette étude et suivis pendant une période de 3,7 ans.

Première constatation, les sujets soumis au stress présentaient une augmentation de l’activité de l’amygdale au PET-Scan.

Deuxième constatation, les sujets présentant cette activité accrue de l’amygdale avaient une augmentation de l’activité de la moelle osseuse, se traduisant par une production accrue de globules blancs. Ces cellules provoquaient à leur tour une inflammation de la paroi interne des artères et la formation de plaques athéromateuses.

Au cours de cette période de suivi, 22 patients ont eu un accident cardiovasculaire, incluant infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque et AVC. Cette proportion et bien supérieure à celle attendue dans la population générale, notent les auteurs.

Les auteurs concluent que « le stress stimule l’amygdale, centre gérant le stress et la peur au niveau cérébral et cette stimulation entraîne des modifications métaboliques périphériques qui augmentent le risque de maladie cardiovasculaire, incluant l’AVC« .

Une substance inflammatoire augmentée dans le sang

Par ailleurs, dans un petit sous-groupe de 13 sujets, le stress a été mesuré. Les patients ayant un test psychométrique positif au stress et une activité accrue de l’amygdale présentaient également des taux sanguins élevés de protéine C réactive, une substance inflammatoire qui, selon les auteurs « contribuerait encore au risque cardiovasculaire« .

Enfin, pour l’un des auteurs de cette étude, « le stress chronique pourrait éventuellement être traité comme un facteur important et indépendant de risque cardiovasculaire et devrait être surveillé par des tests psychométriques réguliers« .

 

Un article de Doctissimo.com du jeudi 12 janvier 2017.

Sources : Tawakol A, Ishai A, Takx RAP, Figueroa AL et al. Relation between resting amygdalar activity and cardiovascular events : a longitudinal and cohort study. The Lancet January 11 2017