Comment se reconstruire après un burnout ?

Quelles sont alors les étapes de la reconstruction après un burnout ?

1. Dormir, se reposer

Selon la sévérité du syndrome, un arrêt maladie de plusieurs semaines à plusieurs mois sera prescrit par le médecin traitant. Ce repos absolu pendant lequel le salarié en burnout met en jachère son esprit et son corps est indispensable pour l’aider à prendre du recul et reprendre pied.

Il s’agit d’un temps de reconstruction donc les activités de relaxation, de bien-être ou sportives sont fortement recommandées. Le salarié en profitera également pour renouer une vie sociale, familiale.

2. Être accompagné de spécialistes

Une prise en charge en psychothérapie par un professionnel spécialisé en consultation souffrance et travail est fortement recommandée. Chacun en trouvera probablement un près de chez lui en consultant la liste des cliniciens spécialisés.  Il aidera le salarié à comprendre la dégradation de sa situation de travail et à mettre du sens sur ce qui s’est passé. Cette étape de compréhension est indispensable pour aider le salarié à se reconstruire.

3. Reconquérir son identité personnelle

A force de se donner à fond dans le travail, les personnes en oublient la vie qu’elles ont à côté : femme/mari, famille, amis. Ce n’est pas tant qu’elles ne veulent pas les voir, mais elles n’ont tout simplement “pas le temps”.

Cette période d’arrêt de travail va ainsi leur permettre de réinvestir ces domaines de leur vie, de reconstruire une identité parentale, familiale, sociale et de réintégrer le fait qu’il existe autre chose que le travail.

Cette période d’arrêt est également une étape de réflexion sur le sens que chacun souhaite donner à sa vie en général et à sa vie professionnelle en particulier et sur ce qui est important à ses yeux. C’est sur cette base qu’un nouveau projet professionnel pourra se construire.

4. Prendre soin de son corps

Après un burnout, il est indispensable de se reconnecter avec son corps. En effet, à force de se lancer dans les challenges et la performance, les candidats au burnout en oublient de faire respirer leur organisme. D’où l’importance, pendant cette phase de reconstruction de reprendre le sport, de prendre soin de soi, d’aller au hammam ou en balnéothérapie, de faire la sieste, de se faire masser, bref de se chouchouter.

5. Se projeter à nouveau dans le milieu professionnel

Le corps et le mental soignés, il est temps de se projeter à nouveau sur une vie professionnelle.

Lenvie de reprendre le travail peut revenir naturellement, « comme une envie de ressortir de cette bulle de protection ». Les autres auront besoin de l’avis d’un médecin pour se persuader qu’il est temps de reprendre le chemin de l’entreprise.

Les personnes ayant connu une situation de burnout éprouvent généralement des craintes et des incertitudes quant à leurs capacités à reprendre le travail : peur de se retrouver confrontées à un travail qu’elles ne pourraient accomplir, peur du regard des autres (encadrants, collègues, etc.), peur de rechuter, peurs multiples liées à la perte de confiance en leurs capacités professionnelles après un arrêt de travail souvent vécu comme un échec.

Cette question du retour à l’emploi ne pourra s’envisager que progressivement après avoir été travaillée avec le clinicien spécialisé qui aura été choisi, et avec le médecin du travail. Celui-ci décidera peut-être d’une reprise à temps partiel thérapeutique afin de permettre au salarié de se réadapter progressivement à son travail. Il pourra également prescrire un aménagement du poste de travail et des horaires adaptés temporaires.

Si une reprise du travail dans l’entreprise d’origine est impossible, ce sera peut-être le moment de rebondir sur un nouveau projet professionnel. Un bilan de compétences ou un travail avec un coach de l’orientation pourra aider le salarié à se réorienter vers un nouveau domaine d’activité.

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A mémoriser : La prise de conscience du burn-out peut se révéler une chance inouïe et inespérée de modifier sa trajectoire de vie

  • Le burn-out, dit FREUDENBERGER, est « la maladie de celui qui rêve en phase avec les valeurs dominantes de travail, d’argent, d’inventivité, de découverte, d’industrialisation, de surpassement de soi et, finalement, d’imposition au reste du monde des valeurs démocratiques de liberté et des pratiques du commerce. Il est le trouble des fidèles au système, le mal des « croyants », il est le désespoir de ceux qui ont espéré, l’épuisement de ceux qui, pourtant, s’activaient au mieux pour construire la société, et pour s’épanouir sous sa protection ».
  • Le burn-out est une métamorphose : après s’être rendu compte que sa vie n’a plus de sens et qu’il est dans une impasse, le sujet comprend qu’il doit changer de vie. Il part en guerre contre les croyances et les valeurs dominantes auxquelles il refuse dorénavant d’adhérer. Il s’interroge sur le sens qu’il veut  réellement donner à sa vie.
  • On peut sortir grandi d’un burn-out. Lorsqu’ils vont mieux, les sujets ne vivent plus leur vie de la même manière. Il n’y a pas de retour à l’identique. Il y a des habitudes qui changent. L’investissement professionnel est modifié. Certains vont modifier leur vie professionnelle, l’orienter différemment après avoir fait un bilan de compétences ou repris des études. D’autres investiront davantage d’autres domaines de leur vie et se tourneront vers de nouveaux centres d’intérêts. Ils prendront plus de temps pour leur vie personnelle et affective. Ils vont s’investir autrement dans des activités qui leur sont essentielles et correspondent davantage à leur moi intérieur profond. Ils vont ainsi modifier l’équilibre vie personnelle – vie professionnelle, les remettre en accord. Un burn-out « réussi » débouche sur une métamorphose. La personne se reconnecte à ce qui fait sens pour elle[4].

C’est ainsi que le burn-out peut devenir une opportunité.

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