Burn-out : la grenouille qui ne savait pas…

Olivier Clerc, écrivain et philosophe, a écrit un petit conte d’une grande richesse d’enseignement qui s’adapte très bien au burn-out : la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite…

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.

La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, mais elle ne s’affole pas pour autant, surtout que la chaleur tend à la fatiguer et à l’engourdir.

L’eau est vraiment chaude, maintenant. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte, elle s’efforce de s’adapter et ne fait rien.

La température de l’eau va ainsi continuer de monter progressivement, sans changement brusque, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans s’être extraite de la marmite.

Plongée d’un coup dans une marmite à 50°, la même grenouille donnerait un coup de patte salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience nous montre qu’une détérioration suffisamment lente échappe à notre conscience et ne suscite, la plupart du temps, pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte de notre part. N’est-ce par précisément ce que nous observons aujourd’hui dans de nombreux domaines… comme dans le monde du travail …

Parlons harcèlement, burn-out …

Un peu comme la grenouille, l’être humain a le réflexe de fuir rapidement les situations dangereuses ou les environnements malsains auxquels il est brutalement confronté. Par contre, s’il baigne dans un environnement qui devient graduellement délétère ou petit à petit pathogène, qu’il en soit conscient ou pas, il s’adapte progressivement, jour après jour, au risque de mettre à mal son identité et son intégrité.

Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais assez si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement et si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser- faire…